Si vous n’avez obtenu aucune aide de ce côté, vous pouvez aussi faire appel à des sponsors ou des mécènes privés. En échange de leur soutien, ces sociétés vous demanderont de faire figurer leur logo sur votre disque. Certains artistes créent même des titres citant le nom de la marque. A vous de voir jusqu’où aller. Enfin, n’oubliez-pas que les SMAC (scènes de musiques actuelles) ont vocation à soutenir la création. Pour assurer cette mission, elles reçoivent des financements d’Etat spécifiques. Leur soutien prend généralement la forme d’une aide logistique (mise à disposition de matériel, local de répétition…) ou d’une invitation en résidence de création. En dehors de ces solutions, il existe d’autres moyens de faire financer son projet sur des fonds publics. Ceux-là sont réservés aux artistes qui disposent d’un statut professionnel, sont enregistrés auprès d’une société de droits d’auteur et peuvent justifier d’un certain niveau de distribution. Selon le Code de la Propriété Intellectuelle, les sociétés de perception et de répartition des droits d’auteur sont en effet tenues de reverser une partie des sommes récoltées au titre de la copie privée et de la rémunération équitable sous forme d’aides à la création, à la diffusion du spectacle vivant et à la formation. Plusieurs organismes sont concernés.

• La Sacem

La Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem) dispose de plusieurs dispositifs de soutien réservés à ses adhérents. Grâce au fonds d’aide à l'autoproduction phonographique, 3 000 euros peuvent être versés aux adhérents qui souhaitent autoproduire leur premier et/ou deuxième enregistrement. L'enregistrement doit être composé d'au moins six titres (ou durer 40 minutes minimum) et au moins 500 exemplaires doivent être réservés à la vente. En outre, les droits de reproduction mécanique doivent avoir été acquittés auprès de la SDRM (société pour l’administration du droit de reproduction mécanique). Par ailleurs, un fonds d'encouragement à la musique vivante valorise les revenus des jeunes artistes dont la carrière est en développement. En bénéficient les adhérents dont les droits d'auteur perçus l'année précédant le versement du fonds sont inférieurs à 3 000 euros. Côté conditions, les œuvres doivent être déclarées à la Sacem, être originales et relever du répertoire des musiques actuelles. Enfin, un fonds d’aide aux résidences a été créé en vue d’encourager l'association des auteurs-compositeurs avec des structures de formation (conservatoires, écoles de musique), de production et de diffusion (orchestres et ensembles, scènes conventionnées, théâtres missionnés). La résidence doit durer au minimum deux mois et aboutir à la réalisation d'un projet musical et de prestations complémentaires : ateliers, master-class, conférences… Un minimum de 10 % des frais de résidence est alors pris en charge. Attention : la demande doit émaner de la structure, non de l’artiste ! Plus d’infos sur www.sacem.fr.

• L’Adami

La Société civile pour l’administration des droits des artistes et musiciens interprètes (Adami) dispose, bon an mal an, d’un budget de treize millions d’euros et finance près d’un millier de projets sur le territoire national. Plus de 60 % de ces aides sont attribuées à des projets en lien avec la musique. L’institution apporte ainsi une aide précieuse à l’organisation de festivals et de spectacles vivants, mais aussi à l’enregistrement, aux premières parties et à la formation. Attention ! Ces aides ne sont octroyées que dans le but de boucler un budget et non de l’amorcer. De plus, elles ne concernent que les structures de droit privé (association, SARL, EURL…). Depuis janvier 2009, les dossiers de demande doivent être remplis sur le site de l’Adami, à partir d’un espace personnel sur lequel vous devez vous enregistrer. Plus d’infos sur www.adami.fr.

• La Spedidam

Gestionnaire des droits spécifiques des interprètes, la Société française de perception et de distribution des droits des artistes interprètes de la musique et de la danse (Spedidam) reverse une bonne partie de ses rémunérations pour l’aide à la création, la diffusion de spectacles vivants et la formation d'artistes. En 2007, près de 7,5 millions d'euros ont ainsi été affectés à ces actions. Comme ceux des autres sociétés civiles, ce soutien financier n'intervient qu'en complément de l'apport du producteur, des recettes et des aides éventuelles des pouvoirs publics. La Spedidam peut donc vous aider à boucler votre budget, non à l'amorcer. Pour bénéficier d'une subvention pour un spectacle vivant, un projet de formation, la réalisation d’un DVD ou un déplacement à l’étranger, une demande doit être faite auprès de la division culturelle de la Spedidam. Les commissions d'agrément se réunissent tous les mois (juillet et août excepté). Plus d’infos sur www.spedidam.fr.

• La SCPP

La Société civile des producteurs phonographiques (SCPP) consacre une partie de ses rémunérations à des actions d'aide à la création, à la diffusion du spectacle vivant et à la formation d'artistes. En 2007, elle disposait d’une enveloppe supérieure à dix millions d’euros pour assurer cette mission. Près de 90 % de cette enveloppe sont généralement attribués aux producteurs phonographiques, le reste étant réparti entre différents organisateurs de spectacles et institutions. Une commission examine chaque mois les dossiers de demandes de subventions et les soumet au conseil d'administration pour décision. Les subventions sont attribuées aux producteurs de phonogrammes, sociétaires de la SCPP ou non, et à des associations gérant des opérations d’intérêt collectif. A noter que près de 80 % des demandes reçoivent une réponse positive. Plus d’infos sur www.scpp.fr.

• La SPPF

La Société civile des producteurs de phonogrammes en France (SPPF) consacre elle aussi une partie de ses rémunérations à des actions d'aides à la création, à la diffusion de spectacles et à la formation. Ne peuvent en bénéficier que les producteurs adhérents. Les aides concernent la création de clips vidéo, DVD musicaux et CD (à l’exclusion des lives, compilations et albums de reprises contenant moins de 50 % de titres originaux), l’organisation de tournées et la promotion-marketing (jusqu’à douze mois après commercialisation du disque). En fonction du projet, l’aide est plafonnée à 10 000 € ou 15 245 € et ne peut dépasser 30 % à 50 % du budget total. Entre autres conditions, sachez que la distribution du phonogramme doit être effectuée par un professionnel au niveau national (pas d’autodistribution). A noter que les subventions de la SPPF sont cumulables avec celles des autres organismes (dans la limite de 250 000 € par an et par producteur) à l’exception de celles de la SCPP. Plus d’infos sur www.sppf.com.

• Le FCM

Regroupant notamment l’ensemble des sociétés civiles de perception et de répartition des droits d’auteur (Sacem, SACD, Adami, Spedidam, SCPP, SPPF), le Fonds pour la création musicale (FCM) est une association d’aide à la création musicale au sens large : spectacle vivant, tournées export, festivals en France et à l’étranger, production et distribution, formation d’artistes, vidéo-musiques, DVD et audiovisuel musical. En fonction du projet, le soutien du FCM atteint de 15 % à 30 % du budget pour un montant plafond variant de 7 500 € à 30 000 €. Plus d’infos sur www.lefcm.org.